Blog de Wally

Ce qui est hors des gonds de la coutume, on le croit hors des gonds de la raison. - Montaigne

Le C.I.O. et la Chine

Le C.I.O. et la Chine

d’après Jean de La Fontaine

Maître C.I.O., dans sa tour perchée
Tenait en son bec des J.O.
Maître Chinois par l’odeur alléché
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé bonjour Monsieur C.I.O.
Que vous êtes naïf ! Que vous me semblez dupe !
Les droits de l’homme, ils progresseront,
Vos principes, nous les respecterons,
Autant que l’honnêteté et le courage chez vous. »
A ces mots, le C.I.O. ne se sent plus de joie ;
Et pour montrer tout son pouvoir,
Il ouvre un large bec et laisse tomber ses jeux.
La Chine s’en saisit, et dit : « Mon bon monsieur,
Apprenez que toute crapule
Vit aux dépens de celui qu’elle détrousse.
Cette leçon vaut bien des J.O., sans doute.
Le C.I.O., perplexe et confus,
Jura, honteusement, qu’on l’y prendrait encore.


A quand le ménage ?

Zimbabwe : le taux annuel d’inflation à 2.200.000 %
Le taux annuel d’inflation au Zimbabwe a atteint le niveau record de 2,2 millions de pour cent.
Source : Gideon Gono – gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe, Banque centrale du Zimbabwe.


L’Afrique Enchantée – Archives 2008

Accédez aux archives : 20072006


© RF/Christophe Abramowitz

Cet été, l’Afrique enchantée remet le couvert après une année écoulée riche d’évènements sur le continent. Alors pour ne pas parler que des catastrophes, ou pour mieux les faire comprendre, le vieux père Soro Solo reprend son bâton de pèlerin, assisté de son fidèle compagnon Guilllaume Thibaut, épaulés par la nièce, la cousine, et toute la grande famille africaine.
Préparez vous à chanter, à danser, et en même temps… à penser.

aux micros, aux manettes…

Producteurs : Soro Solo et Guillaume Thibault
Réalisation : Koï N’Guyen et Antoine Blain
Attachée de production : Hortense Volle
Programmation musicale : Thierry Dupin et Jean-Michel Montu

  Les archives :  
    29/08/2008. La sortie du bois sacré
  28/08/2008. Les portes du retour
  27/08/2008. L’Afrique hors de l’Afrique : la diaspora
  26/08/2008. Les portes du désert
  25/08/2008. La République Démocratique du Congo (RDC)
  22/08/2008. Panne de casserole !
  21/08/2008. Madagascar
  20/08/2008. Justice et prison
  19/08/2008. La Côte d’Ivoire (2)
  18/08/2008. La Côte d’Ivoire (1)
  15/08/2008. Le Foumboua
  14/08/2008. Le Cap Vert
  13/08/2008. Guérisseurs et santé
  12/08/2008. La Guinée-Conakry(2)
  11/08/2008. La Guinée-Conakry(1)
  08/08/2008. La Mrouzia
  07/08/2008. L’Afrique du Sud
  06/08/2008. Le cinéma
  05/08/2008. Le Congo-Brazza
  04/08/2008. Le discours de Dakar
  01/08/2008. Poulet Kédjénou
  31/07/2008. L’Egypte
  30/07/2008. Les épopées africaines
  29/07/2008. L’Ethiopie
  28/07/2008. Le Nigéria sans Fela !
  25/07/2008. Le Mafané
  24/07/2008. Le Sénégal
  23/07/2008. Femmes d’Afrique
  22/07/2008. Les comores
  21/07/2008. Le rêve panafricain
  18/07/2008. Le muefte
  17/07/2008. Le 2ème bureau
  16/07/2008. Le Ghana (2)
  15/07/2008. Le Ghana (1)
  14/07/2008. L’Afrique sans fric
  11/07/2008. Le thiep bou dien
  10/07/2008. Le Mali (2)
  09/07/2008. Le Mali (1)
  08/07/2008. Les matières premières
  07/07/2008. L’Algérie
  04/07/2008. Le maffé
  03/07/2008. Le Burkina-Faso
  02/07/2008. Le voyage sans visa
  01/07/2008. L’Angola
  30/06/2008. Les ambianceurs
 

L’Afrique a retrouvé sa voix !

Sur France Inter, chaque après midi, de 15h à 16h, petite balade de l’autre côté de la Méditerrannée avec les joyeux compères Solo Soro et Guillaume Thibault.

Je vais à nouveau essayé pour cette 3ème saison de mettre en ligne toutes les émissions de l’été. Hélas, le podcast de France Inter est visiblement en souffrance (chaleur, langueurs estivales, fatigue en raison d’une année chargée ?). Qu’à cela ne tienne, je mettrai très prochainement en ligne les premières émissions en MP3 (le temps de les convertir et de préparer les pages).
Qu’on se le dise !!

A bientôt et bonne saison à toute la joyeuse bande…


Souvenirs, souvenirs…

«Dis au Noir de merde que c’est toi le meilleur!»

Propos tenus par Aragones, entraineur des Espagnols récents champion d’Europe, à l’automne 2004 à l’un de ses joueurs, Jose Antonio Reyes, en visant Thierry Henry.

Il resta impuni par la FIFA, seule la fédération espagnole s’avisa à lui réclamer une amende symbolique de 3 000 euros tout en considérant que les propos du sélectionneur sans être “racistes” sont tout de même constitutifs de “faute grave”.


J.O. Mexico 1968 : Tommie Smith se souvient

Lu dans Direct Soir :


Tommie Smith, John Carlos et Peter Norman.
«Quand j’étais étudiant, j’ai créé avec des amis une organisation qui s’appelait le PODH (projet olympique pour les droits de l’homme), dont je suis devenu naturellement le porte-parole, étant athlète et disposant d’une visibilité à portée internationale. Le but de cette organisation consistait à soulever tous les problèmes d’ordre racial, social, liés à la condition des Américains noirs, entre autres. Notre association prônait simplement l’égalité. Pendant plus d’un an avant les JO, nous nous sommes réunis afin de réfléchir ensemble à l’action à mener. Le boycottage ? L’idée fut abordée.Mais étant donné le mal que je m’étais donné pour en arriver là, nous avons opté pour une autre solution. Laquelle ? Nous n’en savions rien.

Je n’avais qu’une certitude, c’est que l’option choisie passerait forcément par un sacrifice. Le mien.Arrivé à Mexico, la veille de la course, je ne sais toujours pas quoi faire pour exprimer nos convictions. Je sais seulement que l’action doit être visible, respectueuse et silencieuse, comme toutes les entreprises de Martin Luther King, que j’avais entendu en 1963 en Géorgie, et qui fut mon modèle durant toute mon existence. En prenant le départ du 200 m, je veux gagner la course non pas pour le titre, mais pour avoir l’occasion de faire un geste fort. C’est cette motivation qui m’envoie sur la plus haute marche du podium.
Quelques minutes avant de gravir l’estrade, je patiente avec l’Australien Peter Norman, médaillé d’argent, et mon compatriote américain John Carlos, troisième. C’est en voyant une paire de gants noirs dépasser de mon sac que je sais : lever mon poing ganté en signe de puissance, la tête baissée pour prier, et sans chaussures, symbole de la pauvreté des Noirs américains. Je vais immédiatement voir John Carlos, auquel j’explique ma démarche. «Fais ce qu’il te semble bon», me répond-il. Je lui explique que je ne mettrais qu’un seul gant, et lui demande s’il veut porter l’autre, sans lui dire de faire ce que j’allais accomplir. John prend le gant, au moment où nous nous avançons vers le podium.
Lorsque je brandis mon poing vers le ciel, j’ignore si John fait comme moi, puisque je suis devant lui. Ce n’est qu’après que je vois les images. Et si nous ne levons pas la même main, c’est parce que les gants sont issus de la même paire! Pendant l’hymne américain, je suis en prière, seul, replié sur moi-même.Mais après, je suis obligé de me tourner vers le public. Je réalise subitement la portée de mon geste silencieux. Est-ce bien? Est-ce mal? Je viens de faire ce que personne ne veut voir. Je sais que je vais avoir de gros problèmes ! Et ils arrivent très vite. Instantanément, je suis rejeté par le Comité international olympique, dont le président, Avery Brundage, est américain! Je rentre chez moi, au Texas, en sachant que ma vie d’athlète est derrière moi. Je viens d’avoir 24 ans. Les menaces de mort inondent ma boîte aux lettres,mais jamais je n’ai regretté mon geste. Il aura, à son niveau, changé le monde.»

A noter que seul l’australien Norman, arrivé 2ème, avait pu rester à Mexico, non sans avoir reçu un avertissement de Judy Patching, en charge de l’équipe australienne. En effet, Norman avait clairement soutenu les deux athlètes noirs en portant un insigne de soutien à leur cause.
Norman subit un véritable ostracisme de la part des autorités sportives de son pays. Malgré d’excellents résultats (troisième) aux épreuves de sélection pour l’équipe d’athlétisme des Jeux Olympiques d’été de 1972, il ne fut pas sélectionné.
Tommie Smith et John Carlos firent le voyage vers Melbourne en 2006 pour assister à ses obsèques et portèrent son cercueil.


Statue commémorant le geste de Tommie Smith et de John Carlos lors des Jeux Olympiques d’été de 1968 (Université d’état de San Jose). A la place du numéro 2, celle où se tenait l’Australien Peter Norman, on peut voir une plaque qui rend hommage au support de Peter Norman pour ses collègues athlètes.


“J’ai toujours choisi de me tromper à gauche…”

Henri Cueco – Arte : “Lart et la manière”
Peintre, syndicaliste, essayiste, écrivain, décorateur de théâtre…


De retour après plus de 2 mois de silence… boulot oblige.
Tentons de remettre un peu de régularité dans tous ça en tout cas je vais essayer…


La flamme dans tout ses états


La flamme était de passage hier à Paris. Un parcours pour le moins mouvementé. Nombreux sont les athlètes et hommes politiques du pouvoir qui ont réagit à ces évènements. Toutes les réactions vont dans le même sens : la réprobation. Pas tant au régime de Pékin qu’envers les manifestants.

Reprenons dans l’ordre les différents arguments avancés pour condamner tous ces gestes.

– La flamme est un symbole de paix et doit être respectée comme tel !
La flamme olympique est un peut-être un symbole de paix mais elle é été confiée à ce qui reste aujourd’hui l’une des pires dictatures au monde. Elle n’apartient pour le moment plus au mouvement olympique c’est à dire à l’humanité en général et au monde sportif en particulier mais bien au régime chinois qui s’en sert. Preuve en est le parcours encadré et dirigé par les chinois et non par les autorités françaises et anglaises précédement. Toutes les décisions d’hier on été prises par les officiels chinois. Tout au long de la journée, la police française a obéit aux ordres donnés par une bande de cerbères chinois dit on préparés à l’évènement. Un peu étrange non pour un flamme symbole de la paix universelle.

– Les jeux olympiques c’est la trève !
La trève pour qui ? Effectivement dans la Grèce antique, durant la période des jeux olympiques une trève militaire existait. Les combats s’arrètaient. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Il faudrait que les opposants au régime chinois, tibétains en tête mais ils ne sont pas les seuls, s’arrêtent de manifester et de se battre alors que le régime chinois continuerait lui dans le même temps à persécuter, emprisonner, exécuter ses opposants. Où a t’on vu que c’était les victimes qui faisaient la trève ? Je serai curieux de la savoir. Si trève il doit y avoir, c’est assurément du côté des autorités chinoise qu’elle devrait avoir lieu.

– Le sport ce n’est pas de la politique. On ne doit pas prendre l’oympisme en otage !
La bonne blague. Qui prend qui en otage ?
Effectivement, le sport n’a jamais été utilisé à des fins politiques et les athlètes n’ont jamais au grand jamais servi les régimes politiques dans les pays dictatoriaux. Il est évident que le gouvernement chinois a demandé et obtenu l’organisation des jeux pour des raisons purement sportives. Ils n’ont à aucun moment pensé à se servir des jeux pour redorer leur image et afficher l’image parfaite d’une société idéale, moderne, efficace, victorieuse et heureuse. Si le reproche d’utiliser le sport à des fins politiques devait être fait, c’est précisement aux autorités chinoises et à toutes les dictatures qu’il devrait être adressé.

– Les jeux c’est la fête !
La bonne affaire. La fête pour qui ? Pour les athlètes très certainement. Pour tous les opposants chinois j’en suis moins sûr.

On peut ête sportifs de haut niveau, rêver des jeux pour ce qu’ils représentent d’aboutissement dans leur travail. Ca n’empêche pas de réfléchir, d’avoir des opinions et de s’abstenir de reprocher à ceux qui se battent pour eux-même ou pour d’autres de continuer à le faire de manière somme toute moins violente que les bourreaux actuellement au pouvoir en Chine.

J’espère pour finir que le CIO mettra fin à cette mascarade de tournée et que, si elle devait continuer, d’autres évènements à l’image de ceux de Londres et Paris viendront troubler le tableau idyllique que l’on essaye de nous faire avaler !


« I’ve Been to the Mountaintop » – 03/04/1968

Il y a tout juste un an je mettais en ligne ce dernier discours de Martin Luther King.
Prononcé la veille de son assassinat il garde à chaque écoute la même puissance, la même profondeur et une fin tellement prémonitoire…

“[…] Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place. But I’m not concerned about that now. I just want to do God’s will. And He’s allowed me to go up to the mountain. And I’ve looked over. And I’ve seen the promised land. I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get to the promised land. So I’m happy, tonight. I’m not worried about anything. I’m not fearing any man.[…]”

Un petit aperçu en image et surtout l’intégralité sonore à écouter encore et encore.

I’ve been to the mountain top” – 03/04/1968 :