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Lettre ouverte à Yves Jego,
député de la Seine-et-Marne,
secrétaire national de l’UMP,
Sarkoziste jusqu’au bout des ongles.
On pourrait aussi bien l’appeler “La voix de son maître ».
Yves (tu excuseras une telle familiarité),
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Que nous vaut une telle omniprésence médiatique ? Plus un seul sujet d’actualité sans que tu n’envoies un commentaire dans les rédactions. Comme s’il fallait que tu aies un avis sur tout et que tous tes avis étaient d’une telle importance et d’une telle acuité qu’ils méritent tous d’être rendus publiques. Aurais-tu décidé de battre Jack Lang dans ce domaine. Attention, le bestiau a quelques longueurs d’avance.
Tu as fait fort la semaine dernière en réagissant sur le cadeau fait par Thuram et Viera de 70 invitations aux expulsés de Cachan pour assister au match France-Italie :
“On peut être un grand sportif et se révéler un piètre individu sur le terrain de la politique ».
Tu prouves à l’évidence que l’on peut être un piètre individu sur le plan politique sans être un grand sportif.
Je t’ai vu dans un débat de haute tenue sur la chaîne parlementaire. Tous les protagonistes présents, de gauche comme de droite, s’écoutaient, se répondaient courtoisement en confrontant leurs arguments à l’exception d’un : toi.
Tu as passé ton temps à couper la parole, à empêcher les gens de répondre, à lancer des attaques mesquines et sans fondements sans te départir de ce sourire carnassier qui est ta marque de fabrique. Ce sourire que tu affiches lorsque tu viens de lancer un trait que tu juges d’esprit en jetant un petit regard que tu aimerais complice vers l’animateur.
J’ai rarement vu une telle arrogance, une telle certitude, un tel mépris pour ses adversaires, une telle fatuité (« Satisfaction de soi-même qui s’étale d’une manière insolente, déplaisante ou ridicule » nous dit le Robert).
Tu affiches, hélas aux yeux de tous, ce que la politique a de plus méprisable. Difficile face à un tel spectacle de convaincre les gens de se réapproprier ce qui n’aurait jamais du leur échapper : la chose politique. Tu souhaiterais que la politique continue de rester entre les mains de ce que tu crois être une élite. Tu exècres que nous nous emparions de ce qui nous concerne. Tu fus assurément contre le fait que la ratification du Traité constitutionnel européen soit soumis à référendum. Comment le peuple pourrait-il avoir un jugement éclairé sur ces points ?
Si tu conserves le pouvoir, ce que tu l’auras compris je ne souhaite pas, nul doute que ton “petit maître à penser” et toi même saurez nous le faire payer.