16 mars 2006
Je suis en train de regarder la retransmission des débats de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Outreau.
Cette commission entend aujourd’hui la position des journalistes et notamment celle des représentants des chaînes TF1 et France 2.
Quel arrogance ! Quel suffisance !
Aucune erreur de commise ou si peu ! Il balaie d’un revers de main l’idée de création d’un conseil supérieur permettant, à l’image du conseil de l’ordre des médecins, de la magistrature ou des avocats, de rappeler à l’ordre voir de sanctionner tout dérapage médiatique dans certaines affaires.
Etant encore journaliste, je suis toujours étonné des certitudes affichées dans cette profession. De son incapacité à se remttre en cause et à reconnaître ses erreurs,et surtout à assumer l’impact incroyable et donc les conséquences que peuvent avoir la diffusion d’un sujet à la télévision.
Des donneurs de leçon qui après un tel fiasco continuent d’afficher une telle morgue.
“Le droit de réponse existe à TF1. Il faut reconnaître qu’ils sont rares et peut-être que vous ne les avez pas remarqués parce que ces journeaux de TF1 se tiennent assez bien !”
Avons nous eu des demandes de droit de réponses sur France 2 ? Non !
“Encore une fois, j’aimerai que l’on me prouve où est cette pression médiatique dans cette affaire…
Il n’y a pas une super médiatisation par rapport à d’autres dossiers…
Pression médiatique dans Outreau, je suis assez sceptique…”
Dominique Verdheilan-France 2.
De deux choses l’une, soit ces braves gens nous prennnent pour des cons, soit ils vivent dans une telle bulle, si loin des réalités, qu’ils ne se rendent plus compte de rien.
1500 personnes font tous les ans en France 4 mois et demie de prison en préventive avant de bénéficier soit d’un non-lieu, soit d’un acquitement.
J’ai aimé l’intervention de Gilles Balbastre. Ancien journaliste, aujourd’hui réalisteur de documentaire et journaliste au monde diplo qui s’offusque de la partition qu’ont jouée les médias au début de l’affaire jusqu’au procés.
Quel journal, à part la Voie du Nord et le journal Soir 3 de France 3 a reconnu s’être trompé et présenté ses excuses ?
La Voie du Nord a fait une Une dessus et Soir 3 une édition spéciale. Grace leur soit rendue.
Réponse d’une journaliste de presse écrite à une interrogation à propos de la loi qui interdit de citer les noms et prénoms des mineurs protagonistes d’une affaire :
“J’étais informé (de l’existence de cette loi) mais j’ai suivi le mouvement ».
“mais partir du moment où certains le faisaient et pas d’autres les lecteurs n’y comprennent plus rien.”
Tout est dit. Nous n’avions pas forcément la volonté d’aller aussi loin mais vous comprenez bien que l’on fait ça pour le public. C’est lui qui nous demande d’aller aussi loin.
Evidemment, comment ne pas y avoir penser plus tôt ? Comment avoir pu penser la moindre seconde que les journalistes pouvaient être dans l’erreur ?



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